vendredi 24 mai 2013

Trondheim, jour de repos

Je suis arrivé à Trondheim hier soir et aujourd'hui j'en ai profité pour me reposer et faire quelques bricoles. Avant de faire un article complet de ces trois derniers jours assez difficiles (sans doute en ligne demain midi), vous pouvez toujours écouter mon second passage sur l'émission Allô la Planète, en cliquant ici  .
Émission du 23 Mai, à partir de 46'40.

lundi 20 mai 2013

Double dose de rencontres !

J30  Lundi 20 Mai 2013   Bismøen - Geiranger   91 km/1200+



Réveil matinal, le soleil vient désormais cogner à la porte de la tente vers les 4h30, ne me laissant aucun répit. Le devoir m'appelle, je m'exécute.
Petit poussage pour remonter le champ en guise de réveil musculaire et je chevauche mon fidèle destrier, prêt à en découdre une nouvelle fois avec cet horizon qui me tend les bras.

Un arrêt "cimetière" histoire de remplir les bidons et je prends mon rythme de croisière. J'écoute en ce moment le dernier album de Carla Bruni et de Vanessa Paradis, ça change un peu des podcasts et pour une mise en route c'est parfait.

Très vite et c'est une impression que j'ai depuis ces deux derniers jours je me crois en train de rouler au milieu des parcs nationaux américains (bon ok je n'y suis jamais allé mais j'ai vu des photos). Une large vallée, des marquages jaunes, des maisons en rondins, de longues lignes droites sans personne, des lacs et au milieu coule une rivière (notez la petite référence cinématographique). C'est super agréable, ça déroule je suis en mode pilote automatique.




 
Mais mon ventre lui ne l'est pas. Ludo puisque tu parles de nourriture, venons en. Hier après mon arrêt station service je me suis contenté de quelques biscuits et de carreaux de chocolat. Ce matin en partant je n'ai pas petit-déjeuné. Vendredi c'était férié, samedi je me suis dit que je ferai les courses lundi, hier c'était dimanche donc fermé. Pas de souci, lundi matin il y a un village à 5km du départ je vais me ravitailler...fermé...bizarre il est 9h30....l'autre pareil....hum hum que se passe t-il....on est lundi y'a pas de raisons non je vois pas.....oh put** c'est Lundi de Pentecôte j'ai complètement zappé je n'ai plus trop la notion des jours....

J'attends devant une hypothétique station essence....même sanction ...et là un gars me dit qu'il n'y a rien avant 70 km soit la fin de mon étape. 

Ce qui soulève une seconde notion. La notion de village. Sur ma carte j'ai les grosses villes et les villages. Les villages sont représentés par un point blanc, mais c'est tout aussi bien un bourg de 1000 habitants, que trois cabanes au bord de la rivière....Parfois il n'y a même pas de panneau, c'est 10 km après que je sais que j'ai passé "le village"....Et bien sûr je ne peux pas le prévoir ça !

Du coup j'avais vraiment faim, voire très faim. J'avais de la confiture, des pâtes et un plat lyophilisé, et des Tic-Tac. Je me suis dit que m'arrêter sur le bord de la route pour me faire des pâtes à 10h du matin avec l'eau de la rivière (les 2 litres des bidons je les garde pour boire) c'était le plan B.

Le plan A c'était les Tic-Tac. J'ai compté j'en avais 18. Et d'un coup j'ai repensé à la pub " De la fraîcheur pour seulement 2 calories " ce qui me faisait une réserve de 36 calories. 
Pour le coup j'aurai volontiers échangé la fraîcheur contre les calories. 
Et puis j'ai repensé à mes cours de bio/physique pour savoir quelle était la dépense énergétique moyenne d'un cycliste pondérée d'une charge de 30 kg dans une côte à 4% , et rien que l'idée du calcul m'aurait mangé ces 36 petites calories. J'ai donc abandonné l'idée :)

Et c'est là que sont apparus mes sauveurs Marjan et son frère Hans. Tranquillement à prendre le soleil sur le bord de la route, je leur ai demandé si la fin de la côte était loin. 2 minutes après j'étais assis sur le transat, un sandwich au fromage et du thé chaud entre les mains ! Ils sont néerlandais mais Marjan habite en Norvège et son frère est venu lui rendre visite quelques jours. 

30 minutes inattendues, 30 minutes bienvenues, 30 minutes pour se refaire une santé et en guise de bonus j'ai même eu du rab pour la route ;) Merci à vous mes bons samaritains.




Et la route est une nouvelle fois devenue très jolie et photogénique, alors je me suis décidé à faire des autoportraits. Mais comme je n'ai pas de pied d'appareil photo, j'utilise mon gros tube de Skittles vide pour remplacer. Je mets le vélo au milieu de la route, lance le retardateur sur 10s et je cours....et souvent je dois vite enlever le vélo car une voiture arrive. En général au bout de 5 tentatives j'ai une photo correcte ! Le ratio n'est pas très bon, mais bien que pigiste je ne suis pas payé au rendement.
Et surtout ça m'amuse beaucoup.



Quand j'ai commencé à aimer et m'intéresser à la Norvège, il y a déjà un petit moment, il y a eu 4 endroits où je voulais aller. Le Preikestolen, Geiranger, les Lofoten et le Cap Nord. 
Je suis donc descendu sur Geiranger, dommage c'était nuageux. C'est une descente vertigineuse qui fait passer de 1000m à 0m en 10km, dans une série de lacets incroyables. Les freins ont chauffé, à tel point que si j'avais eu des œufs je pense que j'aurai pu faire une omelette sur les disques! On domine alors l'un des panoramas les plus connus de Norvège, le Geirangerfjord. Le village encaissé entre des montagnes abruptes est bordé d'un fjord étroit et superbe, classé au patrimoine mondial de l'Unesco.



Il n'était que 15h, j'ai dévalisé le supermarché et je me suis fait un petit-déjeuner/déjeuner/4 heures....je ne sais plus.....mais c'était trop bon.

J'ai aussi rencontré un couple de vendéens au camping, Fernand et Maryvonne (De Mouchamps), des anciens postiers....par curiosité je suis allé voir le monsieur. Il se trouve que pour ses 60 ans en 2010 il a refait en vélo le parcours du Tour de France de son année de naissance. Alors forcément on a bien discuté.....et j'ai dû leur paraître sympa car devinez quoi ? J'ai été invité à manger avec eux dans le camping-car. 
Au menu lapin aux petits légumes et des crêpes au caramel, non mais sérieux on est pas bien là ?
Faut que j'arrête, à force l'écriture du blog va me prendre plus de temps que de rouler ! 



Demain direction Molde, j'ai les boules la fameuse route Trollstigen ouvre en théorie mercredi matin...soit 1 jour trop tard...je suis dégoûté. Demain j'ai peut-être un plan pour dormir chez des Norvégiens qui étaient à faire du ski de rando et qui m'ont vu sur la route, cool !

Sinon avant de clore cet article super long, des petites choses en vrac.
- Guillaume je vais essayer de relever le défi, au moins un surfeur, j'ai une petite idée mais attends les Lofoten.

- Michel et Catherine, en écoutant une super émission radio "Allô la planète" sur Le Mouv', je suis tombé sur le témoignage d'un certain Alexandre de Vintage Ride, c'est pas avec son agence que vous étiez partis ?

- Pour ma logistique, vélo comme multimédia, j'ai prévu de faire un post là-dessus mais en gros j'ai un compact pour les photos, mon petit PC portable et je m'offre le luxe d'Internet dans les campings où je passe. Avec ça, c'est nickel pour faire tourner le blog, la preuve en image ;)




-Enfin un gros bisou à Amélie, qui court aussi bien qu'elle connaît les bons spots à myrtilles, puisqu'elle vient d'être finisheuse pour la seconde fois du Mahoraid, en améliorant son temps qui plus est. Félicitations, je t'embrasse !

Voilà je crois que je vous ai bien gâté, au dodo.
Ju




Grooossse étape !!



J29 Dimanche 19 Mai 2013  Gaupne – Bismøen  120 km/1825+

C’est à 1h30 du matin que je me suis couché hier soir….les journées sont longues !! A peine l’étape terminée et les pâtes avalées que je troque mon cuissard contre ma panoplie de reporter.

Coucher sur le papier les émotions ressenties n’a rien d’évident et même en s’appliquant du mieux possible, il existera toujours un fossé entre les deux. Tout ça pour dire que ce matin c’est à 10h20 que j’ai quitté le camping sous un ciel dépourvu de nuage. Le soleil avait tout l’espace pour lui tout seul.

Les 25 premiers kilomètres étaient plats, juste pour s’échauffer et ensuite le gros morceau est arrivé. 
Difficile de dire combien de kilomètres faisait l’ascension. Entre 20 et 30 selon moi, et c’était bien raide. Alors plutôt que de voir ça comme un bloc, j’ai fragmenté l’effort en palier de 100m de dénivelé. Avec l’altimètre c’est facile de se caler là-dessus. 2 minutes de pause tous les 100m D+, ça permet d’avoir un rythme et de grimper comme un métronome. Ça a plutôt réussi je trouve. L’ascension était belle, le paysage changeant progressivement pour arriver comme hier sur un immense plateau enneigé, avec des reflets bleutés, des murs de neige, des sommets élancés.






La particularité de cette route est que sur la fin elle faisait comme un toboggan, de nombreuses redescentes et remontées de quelques centaines de mètres. La fin était interminable, d’autant plus que le haut du col n’était pas vraiment marqué puisque situé sur le plateau. Du coup j’ai pris mon repas du midi vers 17h, normal.




Et ensuite j’ai pu profiter de la plus longue descente à vélo de ma vie. 50 km pour redescendre progressivement jusqu’à Lom !! Trop bon, il fallait parfois pédaler car la route remontait un peu, mais dans l’ensemble c’était que de la descente. 



A Lom, il était déjà 19h30 et une station service salvatrice m’a permis de m’offrir le luxe d’un coca et d’un petit pain au fromage. Et j’ai continué encore un peu car c’était plat, je me suis finalement posé dans un champ, plat et sans neige cette fois, une dizaine de kilomètres plus loin. A priori il est 23h30, je ne devrai pas me faire déloger pour cette nuit c’est cool.



120km et au final 1825 m D+ en partant à 10h20 ce matin je ne l’aurai jamais cru, c’est bon ça. Mes jambes sont une pure merveille, aucune infidélité à déplorer, je peux compter sur elles à chaque instant. Il faut que je trouve un moyen de les récompenser.

Demain j’ai envie de décoller tôt, direction Geiranger pour profiter un peu, il doit encore faire beau. Je pense pouvoir être à Trondheim en fin de semaine où j’ai peut-être un point de chute, ce qui me permettrait de prendre un jour de repos éventuel. Wait and see…….

Les jours allongent de plus en plus….les gens sont cools et m’aident bien….pas de soucis physiques ou mécaniques à déplorer….alors la route continue les amis.

Je vais bouquiner un peu……On a roulé sur la terre, d’Alexandre Poussin et Sylvain Tesson….le tour du monde à vélo de deux jeunes de 20 ans qui deviendront par la suite de célèbres écrivains-voyageurs….

Bises à tous dehors il fait encore bien clair.
Ju

dimanche 19 mai 2013

Plat'oh , que c'était beau !

 J28  Samedi 18 Mai 2013   Toujours le même champ (Armot) - Gaupne   120 km / 1294 D+



Du coup vu l'endroit insolite de la nuit je n'ai pas trop tardé à démarrer, grand bien m'en a pris. Le soleil est franc et généreux en ce samedi printanier...je ne sais pas pourquoi mais je sens que ça va être une belle journée.
L'ascension de la veille se poursuit, je suis tout seul sur la petite route et très vite le paysage s'ouvre. La route, en longue ligne droite coupe l'immense étendue de neige en deux offrant un superbe panorama propice aux photos.
Ensuite la route grimpe plus sévèrement en de nombreux lacets, elle est merveilleuse. Elle serpente sur un vaste plateau plein d'harmonie....cabanes de bergers, pâturages, cascades, glaciers, végétations rasées par les vents, maisonnettes de pierre....c'est un spectacle grandiose. L'eau sort de partout, envahit la route, les points de vue se multiplient au gré des envies, les murs de neige le long de la route sont impressionnants....j'en prend plein les yeux.



Je finis la montée avec un jeune en rollerski, en haut il y a un petit groupe de fondeurs en mode été, ils skient en shorty et débardeur !


La route se poursuit sur le plateau, le relief s'adoucit progressivement, il m'aura fallu 14 km de montée pour arriver en haut et pourtant je ne suis qu'à 900m d'altitude, à peine croyable vu les quantités de neige.


Puis une énorme descente s'enchaîne en direction de Vik, 10/12 km à 50km/h où il n'y a qu'à se laisser glisser et admirer le paysage....



Je poursuis 10 km pour attraper le ferry qui me permet de traverser le Sognefjord, le plus grand de Norvège, qui barre le pays d'un trait horizontal de 200 km, de l'Ouest à l'Est...

La route suit le fjord, les cascades sont pleines de vie et débordent d'énergie. Au niveau de Kvinnafossen, c'est carrément une douche géante qui envahit la route, pédaler là-dessous est magique et revigorant.
Je poursuis encore pour me rendre à Gaupne au camping, au terme d'une longue étape de 120 km de toute beauté. incontestablement la plus belle depuis le début.
Le soleil brille et devrait encore le rester demain (mais chut, ne le disons pas trop fort...).




Demain une grosse étape m'attend. Je continue la route 55 et attaque sa portion la plus montagneuse.
"The Sognefell Road" va m'amener du niveau de la mer à 1430 m d'altitude pour passer par le col le plus haut d'Europe du Nord à travers des paysages qui s'annoncent toujours aussi captivants, mais qui se méritent surtout avec ma maison de 45 kg que je promène.

D'un côté il y aura le Jostedalsbreen, le plus grand glacier d'Europe et de l'autre le Parc National du Jotunheimen ( les montagnes des géants) qui abritent les plus hauts sommets norvégiens.


 Anticiper, prédire, nous sommes en permanence, consciemment ou inconsciemment, en train d'anticiper, en train de nous projeter dans l'avenir. Et nous ne cessons de cheminer entre le passé et l'avenir dans un présent toujours mouvant, toujours nouveau, toujours insaisissable.

Notre imagination déploie sans cesse devant nous l’image toujours renouvelée de ce qui va pouvoir arriver, de ce qui est possible. Nous ne pouvons penser à nous sans un instant suivant, mais nous ne pouvons savoir ce que sera cet instant. Ainsi, nous ne pouvons connaître ce qui nous intéresse le plus au monde, ce qui se passera demain. 

[Extrait de l'émission "Sur les épaules de Darwin", épisode L'illusion de la fin de l'histoire, qui m'a accompagné aujourd'hui et a permis aux paysages traversés de prendre une dimension encore plus fascinante]



Merci une fois de plus pour ces messages, de gens que je n'aurai pas forcément imaginés intervenir ici, c'est d'autant plus touchant. Alors, puisque pour le moment je ne faiblis pas, par souci de coopération je vous demanderai d'en faire autant :)

Un petit bonjour spécial à ma maman et à  ma tante qui font leurs touristes à Paris ce week-end, à Alex et Nancy qui sont sur le bateau vers l'Islande et à mes collègues et surtout amis kinés du cabinet Julie, François, Benjamin, Momo, Tiphanie et Michel, ainsi qu'à Nathalie.

Bon dimanche à tous, à bientôt pour de nouvelles aventures....
Ju


Norwegian National Day !!

J26  Jeudi 16 Mai 2013 - Etne - Lofthus  114 km/1095 D+

Cette journée n'aura rien eu de vraiment particulière, le temps était couvert mais sans pluie. Une très longue portion de route à grand trafic le matin (conséquence de la route barrée de la veille) avec parfois des tunnels à éviter, puis en début d'après-midi une longue descente sur Odda avec les premières vraies grosses cascades et petites routes de montagnes, et à flanc de fjords.



Une bonne étape en terme de kilomètres et une très agréable surprise (Merci le Routard) au camping le soir à Lofthus. On plante sa tente face au fjord et aux glaciers, au milieu des vergers. Le temps est couvert et donne au ciel des allures menaçantes.



J27 Vendredi 17 Mai   Lofthus - Dans un champ vers Armot   83 km / 919 D+

Un vent de folie m'a empêché de dormir une bonne partie de la nuit. Les rafales sont impressionnantes et font claquer la tente fortement. A tel point que je crains pour sa survie ( n'oublions pas qu'elle a déjà eu des blessures), et c'est donc à 6h30 que je me dois de me lever pour plier toutes les affaires avant de devoir enterrer un arceau sur le champ de bataille.

Aujourd'hui c'est le jour de la fête nationale norvégienne. Après les Pays-Bas, c'est avec plaisir que je prends la route en espérant tomber sur un village où il y aura des festivités. J'ai une petite dizaine de kilomètres à faire avant de prendre un ferry à Kinsarvik pour rallier Kvandall, via Utne.


Je poursuis le long d'un fjord, encore et toujours, et voit la première voiture française depuis que je suis ici (un car des Hautes-Alpes). Puis une montée assez soutenue, sur une route secondaire me conduit à Voss, qui est une des stations les plus fréquentées de Norvège, dont sont issus un grand nombre de champions. C'est aussi une ville très populaire pour tous les sports extrêmes et un festival internationalement reconnu a lieu pendant une semaine au mois de Juin.

J'arrive donc là-bas aux alentours de 13h, avec 50 km au compteur lorsque je me rends vite compte que c'est l'effervescence dans la rue principale. il y a beaucoup de monde dehors, et chose étonnante à souligner, la plupart des gens portent les habits traditionnels. Super, c'est ce qu'il me fallait !!


J'en profite pour manger un peu, regarder la carte et m'imprégner de l'ambiance, tout en ne sachant pas trop ce que tous ces gens attendent. Il faut signaler que pour l'occasion j'arborais moi aussi le drapeau sur le vélo, celui qui m'avait été offert lors de mon passage chez la famille Brekke.


Et je pense que c'est la meilleure chose que j'ai faite ! Très vite les regards se tournent et rapidement je commence à parler avec un monsieur et son gendre, très vite rejoints par leurs femmes respectives. Ils m'expliquent qu'il va y avoir la parade traditionnelle où tous les clubs de sports et les étudiants qui passent le bac cette année vont défiler dans les rues, accompagnés de musique etc...C'est prévu pour 14h et ensuite un discours a lieu sur le stade.
Le couple  Sylvi et Olav doit avoir aux alentours de 70 ans et ils me parlent dans un anglais impeccable, leur gendre est un suisse qui vit maintenant en Norvège avec leur fille et leur petit bébé. Le courant passe tout de suite et ils me proposent, si je ne suis pas pressé de les rejoindre après la fin pour venir partager chez eux le repas traditionnel ! Je suis ravi.

J'assiste donc au défilé, c'est fou le nombre de personnes, tout le monde est dans la rue des petits aux grands. Les gamins du club de ski défilent avec les rollerski et y côtoient les gens en costume, c'est très marrant. Les jeunes futurs bacheliers défilent sur des camions aménagés en char, on dirait vraiment un vrai carnaval. Et ça dure un paquet de temps.



Puis un discours suivi d'une remise des prix a lieu sur le stade. Il y a des anciens champions olympiques issus de la ville qui récompensent les jeunes pour leurs performances de l'année. Là encore ça dure longtemps, et quand on ne comprend pas un seul mot c'est encore plus long ;)


Puis je retrouve la petite troupe et on se retrouve chez les parents autour de la table pour déguster le Rømmegrøt qui est une sorte de porridge que l'on déguste avec de la cannelle et du sucre, accompagné de spekemat ( une sorte de bretzel) du skinke (du porc) et du fenalår (agneau). La boisson est un jus fait avec des baies du jardin, délicieux.



J'apprends qu'à l'heure qu'il est, toutes les familles norvégiennes sont comme nous autour de la table avec ce type de plat comme il est de coutume. Je suis vraiment très honoré de pouvoir partager ça avec eux. Sylvi est une ancienne mathématicienne qui a beaucoup voyagé dans le monde, et connaît quelques mots de français pour avoir vécu au Canada.
On parle de tout et de rien, mais invariablement la conversation revient autour du ski. c'est incroyable comme ils sont à fond !! Une championne olympique de freestyle habite dans leur rue. Ils me parlent aussi beaucoup de Raphaël Poirée, qui est marié avec une norvégienne et qui à l'air d'être pas mal apprécié ici. On parle des frasques de Peter Northug, des futurs championnats du monde ....c'est excellent comme c'est un sujet de conversation banal. La moindre compétition passe à la TV sur l'équivalent de TF1 pour nous. J'étais déjà bien conscient du phénomène mais de le vivre c'est bien sympa.

C'est vraiment le sport national, et il suffisait de voir les rues avec tout le monde sur ses rollerski  pour en être persuadé. Pas de doutes on n'est pas au Brésil.

Avec tout ça il était 18h quand je suis parti, et toujours mes 50km j'ai donc continué à rouler en espérant trouver un endroit, puis la route s'est élevée, encore et encore. Et l'heure tournait, encore et encore. La neige était de plus en plus présente.....et à 21h30 j'ai vu que j'étais arrivé au niveau d'un télésiège. Oh oh il faudrait peut-être que je me pose pour la nuit là car en montant encore la neige va s'accumuler encore plus.
Alors j'ai failli avoir mon bivouac le plus insolite, je voulais planter la tente au niveau du tire-fesse à l'endroit où il y a le tourniquet qui contrôle les forfaits, manque de bol en dessous c'était du remblai impossible de planter les piquets.

J'ai donc fini vers 22h, à l'arrache dans un champ au 3/4 recouvert de neige, à 5m de la route et complètement en pente. J'ai dû faire des travaux de " terrassement " en empilant mes sacoches à l'intérieur de la tente pour m'empêcher un peu de glisser vers le bas.....et j'ai pas trop mal dormi au final. Si ce n'est que ce matin j'avais 5cm d'eau au fond de la tente.....




 

jeudi 16 mai 2013

Une route fermée mais une maison grande ouverte.....

J24  Mardi 14 Mai 2013  Tysdal - Sauda   107 km
J25 Mercredi 15 Mai 2013  Sauda - Echec d'ascension - retour Ropeid - Etne  100 km



Mardi j'ai donc poursuivi le long de la route 13, le temps se montrant plutôt clément en début de journée. Ce sont des routes que je connaissais déjà.
Petite anecdote sympa, lors d'une traversée en ferry deux gars viennent discuter avec moi pendant 5 minutes et se montrent assez amusés et impressionnés par mon voyage lorsque l'un deux me demande si j'ai des sponsors. Je réponds donc par la négative et puis chacun reprend sa route.

Il faut savoir qu'après le passage d'un fjord en ferry il y a souvent deux routes, une à droite et l'autre à gauche. Et donc, une fois que le ferry a débarqué les véhicules il y a tout un moment où la route est déserte, puis un nouveau flot de véhicules arrive et ainsi de suite.

J'étais donc en train de rouler seul, perdu dans mes pensées lorsque je vois une voiture se déporter complètement en face de moi et s'arrêter sur le bas-côté. Il est fou pense-je en moi-même !! Et très vite je reconnais les deux gars du ferry. Ils me font signe et me disent " Tu n'as pas de sponsors alors nous on va être les premiers " et ils sortent avec des boîtes de maquereaux et de sardines avant de rajouter "tu en auras besoin pour monter au Cap Nord" ....trop bonne surprise d'autant que c'est ce que je mets dans les pâtes le soir !

Quand il fait beau, c'est pas mal...


La donation de mon "sponsor" !


Puis je prends un autre ferry et me rends en direction de Sauda, une station de sports d'hiver. C'est une route de montagne unique et ici les villages sont distants de 30 km minimum.
Le temps tourne à la pluie comme souvent en fin de journée....putain....alors je vais au supermarché chercher un peu de réconfort dans des tortillas de maïs "Rimi". Et puis, un peu par hasard je demande à une employée s'il n'y a pas un endroit où je pourrai passer la nuit un peu après la ville. Elle m'indiue le camping mais je lui demande un endroit dans la nature. Et là elle me dit " Ah mais vous ne pouvez pas aller par là la route n'est pas encore ouverte il y a encore beaucoup trop de neige là-haut".

Abattement. Tristesse. Solitude.

Je crois être passé par tous les états en quelques secondes. En gros toute mon après-midi n'a servi à rien. A la station service on me dit plus ou moins la même chose... "il y a des murs de neige de 5m de haut, les ouvriers sont en train d'ouvrir la route c'est tard cette année".

18h de toute façon je ne peux pas continuer ce soir alors je me mets en quête d'un endroit. J'erre dans la ville, guettant un hypothétique morceau d'herbe isolé des regards, rien. Il se remet à grêler.....je suis à bout vraiment...et me dis que je vais devoir aller au camping. Je m'abrite sous un porche de supermarché et là un gars sort vers son vélo.

Je joue ma dernière chance et lui demande pour la route. Il se trouve qu'il connaît un ouvrier qui bosse là-haut. La route est officiellement fermée mais dégagée de la neige, mais avec des murs de neige de 3 à 5m de haut sur 8km......je pourrais y aller, mais à mes risques et périls et il y a des dangers d'avalanches.

Car ce que je ne vous ai pas dit c'est que ne pas y aller revient à revenir sur mes pas et à effectuer un détour de près de 150 km le lendemain....
Bref.....je lui demande s'il connaît un endroit pour la nuit et il me dit que oui, tout en me montrant une petite colline au dessus des maisons surplombant la ville. "Suis-moi je t'accompagne" me dit Bj ørn. Ok allons-y !!

On discute super bien, il a autour de 50 ans et je m'aperçois que l'endroit qu'il m'indiquait est en fait sa maison !!
Sa fille Marie vient, m'amène le PC si j'ai besoin d'Internet pendant que Bj ørn essaye de trouver une solution pour moi demain.

Ma tente étant trempée de la veille, ils me mettent tout à sécher dans le garage et vont chercher leur tente qu'ils m'installent dans le jardin.
Puis 20 minutes après je suis invité à manger avec eux (et Håkon le frère jumeau de Marie), leur mère malade est couchée.
Et là on peut dire que je suis tombée sur LA famille norvégienne comme je l'imaginais. Ils font tous du ski de fond, les deux frères plus anciens absents Amund et Herland sont de très bons biathlètes. On se met à parler de Martin Fourcade, de Therese Johaug, de Marit Bjørgen, de Raphaël Poirée, d'Ole Einar Bjoerndalen et des petits sandwichs typiques qu'il a l'habitude de manger avec du pain noir, du miel et du fromage norvégien sur les courses.
On discute rollerski, kayak, randos, ski de randonnée.....c'est terrible. On échange également sur le ramassage des myrtilles, la pêche...ils ont comme beaucoup de gens ici une petite cabine au bord du fjord où ils passent les weeks-ends.....on se montre des photos des séances de patinage nocturne sur le fjord gelé...
c'est en tout point le mode de vie que j'affectionne " à la norvégienne" et je ne pense pas que ce soit une coïncidence !!

Bref je suis comme un poisson dans l'eau je suis accueilli comme un membre de la famille je n'en reviens pas.

On me fait goûter du saumon etc..... c'est génial.


Et puis je remarque que la nappe de la table contient des mots français......"L'hymne à l'amour"...Edith Piaf....non ce n'est pas possible...Quel clin d’œil du destin vraiment !!
Je les questionne et ils n'ont aucune idée de ce qui est écrit...je leur fais écouter la chanson sur Youtube, leur explique que c'est un monument de la culture française.....ils sont ravis.

Je ne peux m'empêcher de penser parfois que le destin parsème ça et là des petits morceaux de hasard, des petits signes de vie qui embellissent le quotidien et qui nous font nous dire : c'était écrit.....

Le lendemain, petit déjeuner avec eux avant le départ au travail/école et je me fais offrir un grand drapeau norvégien dédicacé (car demain le 17 c'est la fête nationale).

On se promet de se revoir un jour car vraiment c'était une rencontre exceptionnelle, j'ai " perdu" du temps à cause d'une route fermée mais gagné tellement plus avec cette maison grande ouverte.....là encore est-ce la Providence, la chance, le destin....je n'en ai pas la moindre idée........

J'ai donc voulu tenter ma chance " à mes risques et périls " mais après 10km et des regards médusés des ouvriers qui descendaient, et deux voitures ayant fait demi-tour exprès pour moi m'ont contraint à faire demi-tour.   "Tu as tes skis ? " " Des murs de neiges de 8m parfois " " Attention avalanches aujourd'hui" "Là-haut c'est encore l'hiver"   sont quelques bribes de ce qu'il m'a été dit...alors j'ai été sage et j'ai fais marche arrière....

Donc hier j'ai roulé 100km, 6 heures sous la pluie continue pour finalement m'avancer que d'une petite cinquantaine de kilomètres réels...
Je me suis arrêté à Etne au camping, complètement rincé, frigorifié et trempé jusqu'au os.....
Tellement d'eau que je n'ai même pas planté la tente, j'ai dormi sur le sol de la cuisine du camping, au sec...

Aujourd'hui je met le cap sur Odda et Lofthus, pour aller vers Voss "station branchée de sports d'hiver" vendredi.


Une route fermée, un hiver au mois de Mai , des sourires sur les visages, la chaleur d'une maison, des gouttes de pluie sur mes yeux.........

Ju


Brunost !!! Almost a Norwegian ?

Trois saisons pour le prix d'une !

J23 Lundi 14 Mai 2013   Stavanger - Tysdal    67 km + Randonnée Preikestolen

Comment ça 3 jours sans news ?? Eh oui déjà c'est vrai, je sens déjà une attente se profiler alors tant pis ce matin je décolle un peu plus tard mais je poste mes articles.
Surtout que des choses se sont passées.

Après avoir quitté Stavanger sous des trombes d'eau et des bourrasques de vent lundi matin, j'ai pris un ferry pour 40 minutes de traversée jusu'à Tau. J'avais dans l'idée de faire la célèbre randonnée du Preikestolen, une falaise de 600m au dessus du fjord avec un promontoire assez incroyable, et un panorama qu'il l'est tout autant.

Mais le temps plus qu'incertain, combiné au fait que cette rando à pied me faisait faire un détour de 2x20km avec un col de 5km m'ont longtemps fait hésiter. Et puis je l'aurai regretté finalement, alors j'y suis allé.
Beaucoup moins de monde qu'il y a 2 ans certes, mais une petite vingtaine de personnes quand même doublées lors de la montée.
Car oui, il y avait un petit record de l'ascension qui tenait avec mon frère Antoine et j'étais bien parti pour le battre mais il a fallu que je m'égare avant le sommet, prenne un mauvais chemin pour que l'homologation officielle ne puisse avoir lieu ;)

Arrivé là-haut, une énorme tempête de neige/grêle a fait que je ne me suis pas attardé plus longuement malheureusement. Puis lors de la descente il y a eu de la pluie, puis du soleil, puis un temps couvert puis de nouveau de la grêle....tout ça en 40 minutes !

La variabilité du temps est une constante du climat norvégien qu'il faut accepter. Mais ce n'est pas toujours facile.
Puis j'ai repris le vélo et après 2 mètres...oh oh bizarre j'avance plus....chaîne cassée ...allez il manquait plus que ça. J'ai été obligé de bricoler un peu - ma grande passion hum hum - mais j'ai réussi à mettre un maillon rapide pour que ça roule. Depuis ça à l'air de tenir.

Il était déjà 16h30, j'ai roulé encore 2h30 sous la pluie avant de trouver un camping un peu "fantôme" sur le bord de la route. Ouvert mais personne à l'accueil, je me suis vite mis au chaud sous la tente et n'ai pas fait long feu. Le matin toujours personne je n'ai pas demandé mon reste et suis reparti.

American breakfast !

Après réflexions, je n'ai jamais été contre le curling...ce sport merveilleux a sûrement beaucoup à nous apprendre ;)

Port de Stavanger

Preikestolen - Pulpit Rock


Une petite touche française...